dimanche 31 janvier 2016
jeudi 28 janvier 2016
mercredi 27 janvier 2016
QUAND JE N'Y SUIS PAS
Encore des lettres aujourd'hui
toutes sortes de phrases
mêlées aux vôtres
Parfois je réponds et parfois non
C'est comme le téléphone
il sonne je le regarde sonner
il y a des jours
où je ne suis pas dans mon nom
pas dans mon sang pas dans mes yeux
des jours des semaines des mois
je laisse
les lettres parler le téléphone hurler
C'est une affaire de bon sens
Je ne peux répondre qu'en ma présence
Seulement voilà que faire
quand je n'y suis pas
.
Christian Bobin
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mardi 26 janvier 2016
lundi 25 janvier 2016
MALHEUR
Aujourd'hui, de très nombreux écrivains
prétendent aimer l'enfer,
ce qui montre seulement
qu'ils ne le connaissent pas.
La haine de Proust pour le soleil,
ou celle de Sartre pour les arbres,
me parait révélatrice de cette société malade.
On fait du malheur une chose littéraire
qui est très bien portée.
.
Le courage n'est pas de peindre cette vie
comme un enfer
puisqu'elle en est si souvent un :
c'est de la voir telle
et de maintenir malgré tout
l'espoir du paradis.
Christian Bobin
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dimanche 24 janvier 2016
AU FOND DU TROU
Un homme tomba dans un trou et se fit très mal.
Un Cartésien se pencha et lui dit :
« Vous n'êtes pas rationnel,
vous auriez dû voir ce trou ».
vous auriez dû voir ce trou ».
Un spiritualiste le vit et dit :
« Vous avez dû commettre quelque péché ».
Un scientifique calcula la profondeur du trou.
Un journaliste l'interviewa sur ses douleurs.
Un yogi lui dit :
« Ce trou est seulement dans ta tête, comme ta douleur ».
Un médecin lui lança deux comprimés d'aspirine.
Une infirmière s'assit sur le bord et pleura avec lui.
Un thérapeute l'incita à trouver les raisons
pour lesquelles ses parents
le préparèrent à tomber dans le trou.
Une pratiquante de la pensée positive l'exhorta :
« Quand on veut, on peut ! »
Un optimiste lui dit :
« Vous avez de la chance,
vous auriez pu vous casser une jambe ».
Un pessimiste ajouta : « Et ça risque d'empirer ».
Puis un enfant passa, et lui tendit la main...
.
Auteur inconnu
.
.
Auteur inconnu
.
samedi 23 janvier 2016
NE PAS TOMBER
Seules deux options s'offrent à eux,
il leur faut aller à droite ou à gauche,
si seulement la vie pouvait être aussi nette,
et les choix aussi déterminants.
[...]
L'homme ne saurait éternellement s'autoriser
les regrets et les pleurs,
il lui faut parfois se contenter de vivre, s'y appliquer,
ne s'appliquer à rien d'autre qu'à éloigner la mort,
cet être noirâtre qui nous assaille perpétuellement,
sauf qu'ici, dans ce bout du monde,
elle est assurément blanche comme un linge
et se confond avec la neige.
Je ne dois pas penser à la mort,
mais me concentrer sur la marche,
il suffit de me tenir droit,
de ne pas tomber.
.
J.K. Stefansson
"La tristesse des anges"
"La tristesse des anges"
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vendredi 22 janvier 2016
samedi 16 janvier 2016
CE QUE JE VEUX SAVOIR
Je veux savoir à quoi tu aspires,
Et si tu oses rêver de réaliser
le désir ardent de ton coeur.
le désir ardent de ton coeur.
Je ne m'intéresse pas à ton âge.
Je veux savoir, si pour la quête de l'amour et de tes rêves,
Pour l'aventure de te sentir vivre,
Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.
Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre
de ta propre souffrance,
de ta propre souffrance,
Si les trahisons vécues t'ont ouvert,
Ou si tu t'es fané et renfermé
par craintes de blessures ultérieures.
par craintes de blessures ultérieures.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur,
la tienne ou la mienne,
la tienne ou la mienne,
Sans t'agiter pour la cacher,
l'amoindrir ou la fixer.
l'amoindrir ou la fixer.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie,
la tienne ou la mienne,
la tienne ou la mienne,
Si tu oses danser, envahi par l'extase
jusqu'au bout des doigts et des orteils
jusqu'au bout des doigts et des orteils
Sans être prudent ou réaliste
et sans te souvenir des conventions
du genre humain.
et sans te souvenir des conventions
du genre humain.
Je ne m'intéresse pas à la véracité
de l'histoire que tu racontes.
de l'histoire que tu racontes.
Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un
pour rester fidèle à toi-même,
pour rester fidèle à toi-même,
Si tu supportes l'accusation d'une trahison,
sans pour autant devenir infidèle à ton âme.
sans pour autant devenir infidèle à ton âme.
Je veux savoir si tu sais faire confiance,
et si tu es digne de confiance.
et si tu es digne de confiance.
Je veux savoir si tu peux voir la beauté,
même lors des jours sombres
même lors des jours sombres
Et si tu peux trouver la source de ta vie
dans la présence de cette beauté.
dans la présence de cette beauté.
Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec,
le tien ou le mien,
le tien ou le mien,
Et malgré cela rester debout au bord du lac
Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.
Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis
ni à la quantité d'argent que tu as.
ni à la quantité d'argent que tu as.
Je veux savoir si après une nuit
de chagrin et de désespoir,
de chagrin et de désespoir,
Tu peux te lever et faire
ce qui est nécessaire pour les enfants.
ce qui est nécessaire pour les enfants.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu es,
ni comment tu es arrivé ici.
ni comment tu es arrivé ici.
Je veux savoir si tu peux rester
au centre du feu avec moi, sans reculer.
au centre du feu avec moi, sans reculer.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié,
ni où, ni avec qui.
ni où, ni avec qui.
Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur,
lorsque tout le reste s'écroule.
lorsque tout le reste s'écroule.
Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,
Et si tu aimes véritablement
la compagnie de tes moments vides.
.
la compagnie de tes moments vides.
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Oriah Mountain Dreamer
"L'invitation"
"L'invitation"
jeudi 14 janvier 2016
CLAIR-OBSCUR
et ce n'est pas encore la nuit.
[...]
Ce n'est qu'à cette heure-là
Ce n'est qu'à cette heure-là
que l'on peut commencer à regarder
les choses, ou sa vie :
c'est qu'il nous faut un peu d'obscur pour bien voir,
étant nous-mêmes composés de clair et d'ombre.
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Christian Bobin
"Lettres d'or"
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mercredi 13 janvier 2016
LEGENDE DU CHEVALIER
Une légende d’abord pour donner le ton :
le chevalier à l’araignée.
Un chevalier a vu de ses yeux la terrible araignée
dont le venin détruit les lieux qu’elle traverse.
Il part à fond de train sur son cheval
prévenir à la ronde tous les habitants,
mais tous ceux qu’il rencontre
se détournent avec effroi et s’enfuient.
Désemparé, il fait halte près d’une source
pour donner à boire à sa monture…
et voilà que, dans le reflet de l’eau,
il peut voir enfin que l’énorme araignée
est accrochée au cimier de son heaume.
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Christiane Singer
"Où cours-tu, ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?"
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mardi 12 janvier 2016
GALAXIES
des galaxies de rêves et de fantasmes,
des élans inassouvis de désirs et d'amours,
des abîmes de malheur,
des immensités d'indifférence glacée,
des embrasements d'astre en feu,
des déferlements de haine,
des égarements débiles,
des éclairs de lucidité,
des orages déments....
.
Edgar Morin
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lundi 11 janvier 2016
samedi 9 janvier 2016
vendredi 8 janvier 2016
OPPOSITION
Il y a des milliers de gens qui par principe s’opposent
à l’esclavage et à la guerre mais qui en pratique
ne font rien pour y mettre un terme ;
qui se proclamant héritiers de Washington ou de Franklin,
restent plantés les mains dans les poches à dire
qu’ils ne savent que faire et ne font rien ;
qui même subordonnent la question de la liberté
à celle du libre échange et lisent, après dîner,
les nouvelles de la guerre du Mexique
avec la même placidité que les cours de la Bourse
et peut-être, s’endorment sur les deux.
avec la même placidité que les cours de la Bourse
et peut-être, s’endorment sur les deux.
Quel est le cours d’un honnête homme
et d’un patriote aujourd’hui ?
et d’un patriote aujourd’hui ?
On tergiverse, on déplore et quelquefois on pétitionne,
mais on n’entreprend rien de sérieux ni d’effectif.
On attend, avec bienveillance,
que d’autres remédient au mal,
que d’autres remédient au mal,
afin de n’avoir plus à le déplorer.
Tout au plus, offre-t-on un vote bon marché,
un maigre encouragement, un « Dieu vous assiste »
à la justice quand elle passe.
Il y a 999 défenseurs de la vertu
pour un seul homme vertueux.
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Henry David Thoreau
"La désobéissance civile"
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jeudi 7 janvier 2016
POISSONS DANS L'EAU
L'habitude rend insensible
à presque tout.
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Christine de Suède
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Nous vivons bien à l'aise, chacun dans son absurdité,
comme poissons dans l'eau,
et nous ne percevons jamais que par un accident
tout ce que contient de stupidités
l'existence d'une personne raisonnable.
Nous ne pensons jamais que ce que nous pensons
nous cache ce que nous sommes.
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Paul Valéry
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mercredi 6 janvier 2016
A MOITIE CUITS ?
Imaginez une marmite remplie d'eau froide
dans laquelle nage tranquillement une grenouille...
Et puis :
– Le feu est allumé sous la marmite,
l'eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède.
La grenouille trouve cela plutôt agréable
et continue à nager.
et continue à nager.
– La température continue à grimper.
L'eau est maintenant chaude,
L'eau est maintenant chaude,
et c'est un peu plus que n'apprécie la grenouille.
Elle se fatigue un peu, mais elle ne s'affole pas pour autant.
– L'eau est cette fois vraiment chaude,
et la grenouille commence à trouver cela désagréable.
Mais elle s'est affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien.
– La température continue à monter,
et la grenouille finit tout simplement par cuire.
La grenouille est morte.
Si la même grenouille avait été plongée
directement dans l'eau à 50°,
elle aurait immédiatement donné
le coup de patte adéquat
le coup de patte adéquat
qui l'aurait éjectée de la marmite.
Cette expérience montre que lorsqu'un changement
s'effectue d'une manière suffisamment lente,
il échappe à la conscience
et ne suscite la plupart du temps aucune réaction,
aucune opposition, aucune révolte.
Si nous regardons ce qui se passe dans notre société
depuis quelques décennies,
nous subissons une lente dérive
nous subissons une lente dérive
à laquelle nous nous habituons :
– Des tas de choses qui nous auraient horrifiés
il y a 20, 30 ou 40 ans,
il y a 20, 30 ou 40 ans,
ont été peu à peu banalisées
et nous dérangent mollement à ce jour,
ou laissent carrément indifférents la plupart des gens.
– Au nom du progrès et de la science,
les pires atteintes aux libertés individuelles, à la dignité,
à l'intégrité de la nature, à la beauté et au bonheur de vivre,
s'effectuent lentement et inexorablement
avec la complicité constante des victimes,
ignorantes ou démunies.
– Les noirs tableaux annoncés pour l'avenir,
au lieu de susciter des réactions
et des mesures préventives,
et des mesures préventives,
ne font que préparer psychologiquement le peuple
à accepter des conditions de vie décadentes,
voire destructrices.
voire destructrices.
– Et le gavage permanent d'informations
de la part des médias
de la part des médias
sature les cerveaux,
qui n'arrivent plus à faire la part des choses...
qui n'arrivent plus à faire la part des choses...
Lorsque j'ai annoncé ces choses pour la première fois,
c'était pour demain.
Maintenant, C'EST AUJOURD'HUI !
Alors si vous n'êtes pas, comme la grenouille,
déjà à moitié cuit,
déjà à moitié cuit,
donnez le coup de patte salutaire
avant qu'il ne soit trop tard.
avant qu'il ne soit trop tard.
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Olivier Clerc
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mardi 5 janvier 2016
TOUT M'APPARTIENT
16 mars 1941 :
Je touche ici un point essentiel.
Quand je trouvais belle une fleur,
j’aurais voulu la presser contre mon cœur ou la manger,
c'était plus difficile avec d'autre beauté naturelle,
mais le sentiment était le même, j'avais une nature
trop sensuelle, trop possessive dirais-je.
Soudain, tout a changé ;
par quelles voies intérieures, je l’ignore,
mais le changement est là…
Et cette rage de possession
– je ne trouve pas de meilleure formulation –
vient brusquement de me quitter.
Mille liens qui m’oppressaient sont rompus,
je respire librement, je me sens forte
et je porte sur toutes choses un regard radieux.
Et puisque, désormais libre,
je ne veux plus rien posséder,
désormais tout m’appartient
et ma richesse intérieure est immense.
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Etty Hillesum
"Une vie bouleversée"
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lundi 4 janvier 2016
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